En cette année 2025, l’Autriche célèbre les 200 ans de la naissance de Johann Strauss II, l’incontournable « roi de la valse », dont la musique reste omniprésente dans la vie quotidienne, des concerts du Nouvel An aux bals viennois. Ses œuvres, comme le Beau Danube bleu, font partie intégrante du patrimoine culturel, et ce bicentenaire est l’occasion de nombreuses festivités à travers des concerts, des expositions et même un avion décoré à son effigie par Austrian Airlines.
Les mélodies joyeuses et entraînantes de Strauss, conçues pour élever l’esprit des gens, incarnent l’insouciance et l’élégance d’une époque. Pour son arrière-petit-neveu, Eduard Strauss, « son objectif était de remonter le moral des gens, dans une Vienne marquée par les difficultés économiques et les épidémies. » Cette période, où la capitale autrichienne était un carrefour de cultures et d’idées, a vu Strauss surmonter des défis personnels, notamment une enfance marquée par l’absence de son père, Johann Strauss I, qui ne souhaitait pas que ses enfants suivent ses pas dans la musique.
Rapidement, Johann Strauss II est devenu une star, rivalisant avec son propre père, notamment en 1844 lorsqu’il fit ses débuts en tant que compositeur et chef d’orchestre. Au fil de sa carrière, il a produit plus de 500 œuvres, et ses compositions ont fait de lui une véritable « pop star » de son époque, selon Clara Kaufmann, guide au musée Strauss. Strauss savait parfaitement cultiver son image, en soignant son apparence et en se produisant devant des foules immenses, comme lors de ses tournées aux États-Unis et en Russie.
Mais derrière l’artiste se cachait un homme en proie à des angoisses et une insécurité permanentes. Son arrière-petit-neveu décrit un homme « fils à maman », qui, malgré plusieurs mariages, n’eut jamais d’enfants. Johann Strauss II est décédé à 73 ans, victime d’une pneumonie, mais il demeure, aux côtés de Mozart et de Sissi, une figure emblématique de la culture autrichienne.
Sa musique a traversé les âges, et même les nazis, qui ont falsifié son passé pour en faire un compositeur « purement germanique », n’ont pu effacer son héritage. Aujourd’hui, deux siècles après sa naissance, ses valses continuent d’être jouées dans le monde entier, témoignant de la longévité de son influence musicale.