Le Parlement sénégalais a adopté une loi qui précise les limites de l’amnistie votée en mars 2024. Désormais, les crimes graves comme la torture, les actes de barbarie, le meurtre, l’assassinat, la disparition forcée et l’usage de nervis armés en sont exclus, quels qu’en soient les auteurs et les motivations.
Cette amnistie concernait initialement toutes les infractions criminelles et correctionnelles liées aux manifestations politiques survenues entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024. Ces troubles, déclenchés par l’arrestation d’Ousmane Sonko, aujourd’hui Premier ministre, ont fait au moins 65 morts.
Après plus de huit heures de débats, la loi a été adoptée par 126 députés sur 146 présents. Vingt élus ont voté contre. Amadou Bâ, porteur du texte, a souligné la nécessité d’empêcher l’impunité pour les crimes de sang. Pour Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef Les patriotes, cette révision vise à faire toute la lumière sur ces violences.
Aïssata Tall Sall, ancienne ministre de la Justice et présidente du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar, dénonce une « loi de règlement de comptes » qui risque, selon elle, de fracturer encore davantage la société.
Des partis d’opposition et des organisations de la société civile appellent désormais à l’abrogation complète de l’amnistie, qu’ils considèrent comme un moyen de protéger certains manifestants proches du pouvoir.