La lutte contre la pollution aux granulés plastiques a provoqué des crispations mercredi 2 avril à Bruxelles, lors d’une réunion de négociation entre la Commission européenne et certains États membres qui critiquent un manque d’ambition environnementale de l’exécutif européen.
![]() |
Pailles en plastique à Paris. |
Photo : AFP/VNA/CVN |
L’Union européenne veut durcir la législation sur ces « pellets » omniprésents dans l’industrie et dont des dizaines de milliers de tonnes s’échappent chaque année dans la nature, polluant notamment les océans et les plages.
La négociation est en cours entre les 27, la Commission et le Parlement pour tenter de faire aboutir cette loi.
Le texte obligerait des industriels qui produisent ou transportent ces granulés plastiques à évaluer les risques et prévoir des plans de lutte contre les pollutions éventuelles.
Les grandes entreprises devraient obtenir une « certification » et risqueraient des sanctions en cas d’insuffisances.
Mais le ton est monté mercredi 2 avril, a-t-on appris de sources diplomatiques.
Certains États comme la France et l’Espagne poussent pour intégrer les petites entreprises à ce mécanisme de certification, à partir du moment où elles produisent ou transportent plus de 1.000 tonnes de granulés par an.
La Commission y est hostile au nom de la politique de « simplification » qu’elle mène actuellement pour éviter aux entreprises, surtout les plus petites, des lourdeurs administratives.
![]() |
Des ouvriers trient les déchets plastiques pour les recycler à Narashino, dans la préfecture de Chiba, au Japon. |
Photo : VNA/CVN |
À propos des microplastiques, « à un moment, cela pose la question de la baisse des ambitions environnementales », de la Commission, peste une source diplomatique européenne. « La Commission est dans l’excès » sur ce texte, affirme-t-elle.
Des diplomates de plusieurs États confirment que la réunion a été plus houleuse que d’ordinaire.
De son côté, la Commission européenne assure être « pleinement engagée » dans la lutte contre la pollution plastique « une préoccupation environnementale majeure ».
Mais « la Commission restera attentive à éviter toute charge réglementaire pour les petites entreprises », notamment « dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche ».
D’autres États membres sont sur la ligne de la Commission comme la Grèce et Chypre, qui redoutent l’impact de la nouvelle loi sur le transport maritime, au cœur de leurs économies.
L’Allemagne n’a pas non plus soutenu la proposition d’intégration des petites entreprises aux règles de certification.
Une réunion entre les États membres, la Commission et le Parlement est prévue mardi prochain pour tenter de trouver un compromis.
D’après des estimations, entre 52.140 et 184.290 tonnes de granulés ont été perdues dans la nature en 2019 au sein de l’Union européenne.
AFP/VNA/CVN