Le Général Abdourahamane Tiani vient d’opérer un tournant décisif dans la transition nigérienne. Mercredi, il a officialisé la dissolution de tous les partis politiques et ordonné la libération de plusieurs détenus. Dans la foulée, il a promulgué la Charte de la Refondation, un texte qui redéfinit les bases du pouvoir et lui accorde un mandat de cinq ans.
Ces annonces ont été faites lors de la restitution des recommandations issues des Assises nationales de février. Désormais promu général d’armée et Grand Maître des Ordres nationaux, Tiani a signé deux ordonnances majeures. La première acte la disparition des formations politiques, une décision justifiée par la volonté de refondation après le renversement du régime précédent en juillet 2023.
Dans un souci de cohésion nationale, le chef de la transition a également ordonné la libération de plusieurs prisonniers. « Réconcilier le pays ne signifie pas renoncer à la justice », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d’un équilibre entre pardon et responsabilité.
La nouvelle Charte introduit des changements structurels. Toute implantation de base militaire étrangère devra désormais être soumise à référendum. Par ailleurs, l’exploitation des ressources naturelles sera encadrée pour garantir des bénéfices directs aux Nigériens.
S’adressant aux forces vives de la nation, Tiani a exhorté la population à faire bloc face aux défis : « L’heure n’est pas à la division, mais à l’union pour reconstruire notre pays ». Il a aussi réitéré l’engagement du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) contre la corruption, assurant qu’aucune dérive ne serait tolérée.
Par ces décisions, le pouvoir de transition pose les jalons d’un nouveau cadre institutionnel et politique pour le Niger.