Un rapport annuel du Directeur du renseignement national américain (DNI) souligne que la Chine représente la menace militaire la plus « globale » et robuste pour la sécurité nationale des États-Unis. Le document met en lumière l’intensification des capacités militaires de Pékin, ses ambitions internationales et sa volonté de défier l’influence américaine sur la scène mondiale.
Sous la présidence de Xi Jinping, la Chine se fixe pour objectif « le grand renouveau de la nation chinoise » d’ici 2049, avec un accent sur l’expansion de son pouvoir et l’adaptation des événements mondiaux à son avantage. Pékin cherche ainsi à affaiblir l’influence des États-Unis, notamment en Asie-Pacifique, tout en étant disposée à apaiser les tensions avec Washington quand cela sert ses intérêts.
La modernisation de l’Armée populaire de libération (APL) figure parmi les priorités de Pékin, qui ambitionne de créer une armée « de classe mondiale » d’ici 2049. Cela inclut des réformes des forces terrestres, une extension de la marine, et un renforcement des capacités en guerre électronique.
Le rapport évoque également les avancées de la Chine dans le développement de missiles balistiques et de croisière capables d’atteindre des territoires américains dans le Pacifique, notamment Guam, Hawaï et l’Alaska.
Extension de la présence militaire chinoise
Au-delà de la région asiatique, la Chine cherche à élargir sa présence militaire dans le monde entier. Le rapport indique que Pékin s’efforce d’établir des bases militaires et des centres logistiques internationaux, utilisant une combinaison d’infrastructures commerciales et militaires pour soutenir ses intérêts.
Ces efforts font partie d’une stratégie plus large pour accroître l’influence de la Chine, mettre la pression sur Taïwan et contester la domination des États-Unis, sans pour autant chercher un affrontement militaire direct.
Taïwan, un point de friction majeur
Le rapport met en avant Taïwan comme une source de tensions croissantes. La Chine pourrait intensifier ses actions coercitives contre l’île en 2025, en réponse au soutien militaire accru de Washington. Bien que Pékin affiche publiquement son souhait d’une réunification pacifique, il maintient la menace d’une intervention militaire en cas d’ingérence américaine.
Un conflit sur Taïwan pourrait perturber les chaînes d’approvisionnement, notamment celles des semi-conducteurs, même sans une intervention directe des États-Unis, avertit le DNI. L’APL développe des capacités pour « dissuader – et si nécessaire, vaincre » toute intervention américaine.
Pékin n’a pas encore réagi publiquement aux accusations de ce rapport.