Les familles des disparus ou des victimes de la « guerre sale » au Mexique, qui a eu lieu entre 1960 et 1990 pour réprimer toute opposition au gouvernement autoritaire, appellent la présidente Claudia Sheinbaum à mettre fin à l’impunité et à garantir que les responsables des exactions encore en vie soient traduits en justice.
En août 2024, une commission d’enquête a publié un rapport détaillé sur les atrocités commises par l’armée mexicaine de 1965 à 1990 pour étouffer toute dissidence, notamment à travers des méthodes telles que la torture, les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées. Bien que ce rapport ait identifié plusieurs centaines de personnes à enquêter, Claudia Sheinbaum n’a pas encore pris de mesures concrètes, ce qui inquiète de nombreuses familles, selon l’avocat César Contreras León.
Le silence de la présidente est d’autant plus préoccupant que de nombreux responsables militaires sont toujours en vie, certains occupant même des fonctions publiques, y compris dans la sécurité. Aucun membre de l’armée n’a encore été jugé pour son rôle dans ces crimes.
Le rapport de la commission a aussi révélé des informations sur les « vols de la mort », une pratique utilisée par l’armée pour faire disparaître des centaines de dissidents en les jetant à la mer après les avoir abattus. Ces exécutions sommaires, longtemps considérées comme une rumeur, ont été confirmées par des documents et témoignages. Le rapport a également fait état d’une liste de 183 victimes de ces « vols », suscitant une vive émotion au sein des familles des victimes.
César Contreras León insiste sur la nécessité de poursuivre les enquêtes afin d’obtenir davantage de preuves et de garantir que les responsables soient jugés pendant qu’ils sont encore en vie.